mercredi 11 juin 2008

GESTION DE LA FORET DE MEUDON

Les points principaux du plan de gestion de la forêt de Meudon élaboré par l’O.N.F.


La forêt de Meudon est une forêt domaniale, c’est à dire qui appartient à l’Etat, et elle est gérée par l’Office National des Forêts (O.N.F.), établissement public industriel et commercial, créé en 1966 pour prendre la suite de l’administration des Eaux et Forêts.

Sa gestion est planifiée par l’O.N.F. au moyen de documents dits « aménagements forestiers », qui couvrent des périodes d’une vingtaine d’années. L’aménagement précédent 1992-2011 a été révisé en 2001, pour prendre en compte les conséquences de la tempête de noël 1999. Le nouvel aménagement, en cours d’exécution, s’applique à la période 2001-2020.

La forêt de Meudon s’étend sur 1.085,79 hectares. L’ONF la divise en 3 « séries » :

- Série des parcs forestiers et des pelouses, voués à un accueil intensif du public : 80 ha Exemples : Parc forestier de la Mare Adam à Chaville (12,86 ha) ; Parc forestier du Babillard à Vélizy (11,54 ha) ; Tapis vert, etc…

- Série des milieux humides d’intérêt écologique : sites ayant en général un intérêt botanique et faunistique : 39 ha. Ce sont les zones forestières entourant les différents étangs.

- Série de gestion patrimoniale et paysagère générale : 967 ha. Elle comprend la plus grande partie de la forêt dans laquelle la fréquentation du public reste forte, mais plus diffuse.

Le plan de gestion élaboré par l’ONF pour les 20 années 2001 à 2020 prévoit les interventions sylvicoles suivantes :

- Coupes de régénération (c’est à dire, en général, coupes « rases » avec abattage systématique des arbres présents sur la parcelle) sur 109 ha, soit 1/10ème exactement de la surface totale de la forêt et 5,5 hectares par an. A la place des arbres abattus, l’ONF promet de favoriser la régénération naturelle et la diversité des essences, mais on a constaté cette année que sur toutes les parcelles concernées, la régénération a pris la forme de plantations en lignes de chênes sessiles : bravo pour la diversité !

Contrairement aux précédents plans d’aménagement, et compte tenu, selon l’ONF, de l’importance des chablis au départ de l’aménagement, qui « conduit à constater l’ouverture d’emblée de la totalité du groupe de rajeunissement », le plan actuel ne fournit pas de programmation des coupes de régénération, mais seulement celle des coupes d’amélioration.
- Coupes dites d’amélioration, consistant pour l’essentiel à éclaircir les plantations existantes, cette opération étant renouvelée tous les 10 ou 15 ans : 694 hectares concernés, 25% étant « traités » 2 fois au cours de la période, donc 867 hectares au total. Ces coupes sont indispensables, mais il y aurait beaucoup à dire sur les conditions dans lesquelles elles sont réalisées par les exploitants forestiers auxquels l’ONF vend le bois sur pied.

- Recépage de taillis : consiste à couper les troncs pour favoriser l’apparition de jeunes tiges qui repoussent de la souche ; concerne exclusivement les châtaigniers : 38 ha.

Au total ce seront, donc, 1.014 hectares, qui sous une forme ou sous une autre, vont être traités en 20 ans, soit en moyenne 50 hectares chaque année : ce n’est pas rien ! L’ONF compte vendre, ainsi, 2.600 m3 de bois par an, soit 52.000 m3 en 20 ans.

Répartition par espèces :

Selon l’ONF, la répartition des essences forestières ne devrait pas beaucoup changer au cours des 20 années 2001-2020 :


ESSENCES
Châtaigniers :
Surface actuelle 517 ha représentant 50% prévision à terme 2020 50%
Chênes rouvres et pédonculés :
Surface actuelle 362 ha représentant 35 % prévision à terme 2020 30%
Feuillus précieux (hêtre, frêne, érable, merisier, peuplier)
Surface actuelle 83 ha représentant 8 % prévision à terme 2020 13%
Autres feuillus (charme, bouleau, aulne, tremble, robinier):
Surface actuelle 67 ha représentant 6 % prévision à terme 2020 6%
Résineux :
Surface actuelle 1 ha représentant 5 % prévision à terme 2020 1%

Hors concessions, étangs et pelouses

La baisse du pourcentage de chênes paraît curieuse, lorsqu’on constate les replantations massives en chêne sessile pratiquées ces derniers temps.

Par ailleurs, l’ONF soutient qu’en forêt de Meudon, il laisse les arbres en place plus longtemps que ne le voudrait une exploitation « normale » : 240 ou 300 ans pour les chênes (au lieu de 200 ans), 180 ans pour les châtaigniers (au lieu de 120 ans) et qu’il serait prêt à laisser en place quelques arbres remarquables dispersés qui auraient dépassé ces âges.

Toutefois, comme vous avez pu le constater, pas un seul vieil arbre n’a été conservé sur les parcelles qui ont été massivement déboisées l’hiver dernier ( 84,86, 76, 78, 96).

L’ONF reconnaît que la forêt de Meudon a une vocation prioritaire d’accueil du public : elle reçoit 3,7 millions de visites annuelles, soit en proportion de la surface, plus de 4 fois la fréquentation de la forêt domaniale de Fontainebleau.

L’ONF parle également de sensibilité paysagère ; il reconnaît que « les coupes rases qui ont été réalisées (dans le cadre du précédent aménagement) ont rapidement posé des problèmes d’intégration dans le paysage et d’acceptation par un public urbain ».

Alors, pourquoi cette concentration de coupes l’hiver dernier (2007-2008) dans des zones étendues (plusieurs hectares), avec cette impression visuelle de paysage de désolation ?

Certes, ces parcelles avaient été fortement touchées par la tempête de 1999, mais n’y avait-il pas d’autre solution que celle qui a été retenue (coupe rase, suivie d’une replantation artificielle) ? Ne restait-il vraiment plus aucun « semencier », c’est à dire d’arbre capable de produire des graines pour la régénération naturelle sur ces parcelles ?

On a l’impression qu’au-delà des belles déclarations d’intentions, l’ONF, quoi qu’il en dise, songe toujours (pour des questions de facilité ? de rentabilité ?) à transformer la forêt de Meudon en futaie régulière à dominante de chênes, bien que la tempête de 1999 ait précisément démontré que les forêts les plus artificielles étaient les plus vulnérables à des évènements de ce type.

Petit lexique forestier :

Le taillis :
arbres de faibles dimensions issus des souches d’arbres, coupés au ras du sol à intervalles rapprochés. Le plus connu est le taillis simple de châtaigniers. Le taillis fureté se caractérise par la taille des arbres à des hauteurs choisies par le forestier notamment en lisière de bois.i

La futaie :
Arbres issus de graines ou de plants La futaie régulière est composée en majorité d’arbres de même âge ; on parle de futaie pure en présence d’une seule essence et de futaie mélangée ou mixte lorsque plusieurs essences coexistent. La futaie régulière débute par la phase d’installation du peuplement qui peut être naturelle ou artificielle.
La futaie Irrégulière est composée d’arbres de différents âges et diamètres sur la même parcelle. La création d’un peuplement irrégulier permet de produire du bois d’œuvre tout en assurant une stabilité environnementale et paysagère (absence de coupe rase).

Grumes :
Tronc d’arbre abattu, ébranché et recouvert de son écorce.

Baliveau :
Arbre âgé d’une révolution (deux coupes) soit environ 20 ans.

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